Ce reportage est consacré à parts égales, entre la pêche du chevesne à la sauterelle, en petite rivière de Bresse, et la pêche du silure en bateau en Saône. Ce reportage s’intègre avec trois autres, non publiés, dans le projet d’un livre consacré au silure : l’un est consacré à la pêche au ver, à la plombée fixe ou dérivante, le deuxième à la pêche pendant les crues et le troisième pendant la fraye des autres poissons. Un cinquième sera consacré, quant à lui, à l'organisation des concours de pêche au silure.
Introduction : le silure adore les gros chevesnes !
Peu utilisé comme vif en raison de sa fragilité de conservation en été (oxygénation nécessaire), le chevesne est, pour les initiés, le meilleur vif pour traquer les gros silures mais aussi les plus communs, surtout en été. En 2004 j’ai fait de nombreux essais comparatifs, surtout par conditions ordinaires voir défavorables : le chevesne a toujours remporté la médaille d’une part sur le nombre d’attaques et d’autre part sur la taille des sujets.
Je n’ai pas renoncé pour autant aux autres vifs pour la facilité de transport et de conservation (tanches, carassins, anguilles) mais dès les beaux jours mon choix est fait.
Lorsque les conditions sont favorables, n’importe quel vif convient. C’est le cas en période de crues, de fraie ou d’éclosion de coques. En périodes creuses, trop de soleil, de chaleurs, de vent, le chevesne fait la différence.
C’est à l’occasion de plusieurs concours que l’on peut comparer avec les méthodes classiques. Je l’ai fait à trois reprises en 2005 : en mai , à l’occasion du Safari Silure de Mâcon, un seul silure d’un mètre a été pris : avec un chevesne de taille modeste : 300 g environ (technique utilisé : silure à l’appelant) ; en septembre, à l’occasion du concours du Centre de Pêche au Gros, deux silures sur cinq ont été pris avec de très gros chevesnes ; et pour finir la saison, mes chevesnes de 2 kg, après avoir fait sourire, ont convaincu plus d’un pêcheur avec 70 kg de silures pris au lac de Polliat (dont un d'environ 50 kg) à l’occasion d’une évaluation de la densité du lac.
Durant le seul mois de juillet, à raison de trois sorties par semaine, cinquante silures de plus d’un mètre, dont dix d’un mètre quatre-vingt à deux mètres dix n’ont pas pu résister aux tentatives désespérées des vifs pour se libérer des hameçons. Car l'intérêt de ce vif est bien là : il est en action jusqu'à épuisement et surtout, ne s’immobilise pas en présence d’un prédateur contrairement aux carpeaux et carassins. Il tente de fuir, émettant ainsi des vibrations déclenchant l’attaque d’un silure peut-être déjà rassasié.
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